| PARACHAT REÉ : L’approche ‘indulgente’ de celui qui aime Hachem « שְׁמֹר וְשָׁמַעְתָּ אֵת כָּל הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוֶּךָּ » « Observe et écoute toutes ces choses que je t’ordonne » Le langage ‘écouter’ après ‘observer’ demande à être expliqué. Rachi rapporte les paroles de nos Sages qui expliquent : Que les Mitsvots soient chères à tes yeux, que ce soit une Mitsva ‘importante’ (à tes yeux, bien entendu) ou une Mitsva ‘simple’, ‘légère’ (à tes yeux). Dans ce verset, Hachem nous demande d’observer les Mitsvots, mais pas seulement, Il demande aussi que toutes Ses Mitsvots soient chéries et appréciées par nous. Plus une personne aime les Mitsvots, plus la volonté et le désir de sa part de les accomplir grandit. Et au lieu de chercher une permission ou un compromis, dans le but de se voir exempté de l’obligation de les faire, au contraire, il cherchera de plus en plus de moyens pour arriver à la situation où il aura le devoir de les accomplir et de la meilleure manière sans épargner aucun effort, afin de respecter la volonté d’Hachem. Ce message puissant se révèle à travers l’histoire suivante : Un jour, un groupe de Maskilim (personnes réclamants que la Torah est ‘ancienne’ (‘Has Vechalom), et donc il faut s’adapter à la génération etc.., et à travers ces ‘excuses’, ils se permettent de ne respecter que ce qu’ils pensent être ‘actuel’) demandèrent à être reçus en toute urgence par le Rav de la ville de Brisk, Rav Yoshe Ber, afin de lui poser une question brulante. Une fois assis chez lui, ils demandèrent avec des visages très sérieux : Cher et honorable Rav, « le Judaïsme contient de nombreuses Mitsvots strictes et sévères, ce qui en fait un lourd fardeau à porter. Selon nous, il y a de la place pour un peu plus d’indulgence et l’on devrait peut-être annuler quelques-unes de ces Mitsvots. Rav Yoshe Ber hocha de la tête en signe de consentement. Eux, qui s’attendaient à une contre-attaque, furent surpris par sa réaction. Ils attendirent donc son explication. Cependant, lorsque le Rav ouvrit la bouche, ils furent davantage étonnés. ‘Moi aussi, j’y pense depuis longtemps’, leur dit Rav Yoshe Ber, ‘et non seulement cela, mais dans un de mes livres, qui n’est pas encore imprimé, j’ai écrit de nombreux détails qui allègent certaines Mitsvots, il y a aussi plusieurs lois qui n’y sont pas apportées avec la sévérité habituelle, mais d’une manière bien plus légère.’ Un grand sourire se dessinait sur la face des Maskilim, ils n’auraient jamais imaginé une telle coopération de sa part. ‘Serait-il possible que le Rav nous détaille quelque unes de ces lois et règlements qui sont mentionnés dans ses livres ?’ demandèrent-ils avec curiosité. Le Rav de Brisk répondit : ‘Bien sûr, je le ferais avec plaisir. Voici, un exemple : nous avons la prière du soir, Arvit qui d’après certains décisionnaires, on ne peut faire cette prière que jusqu’à ‘Hatsot, la moitié de la nuit. A mes yeux, cela est beaucoup trop strict, j’ai donc trouvé un moyen de la rendre plus facile, et de permettre de prier Arvit jusqu’au lever du jour. Deuxième exemple. Certains considèrent que les Téfilines de Rabbénou Tam (petit fils de Rachi qui était en discussion avec celui-ci par rapport à l’ordre des parchemins dans les Téfilines. La Halakha a été tranchée comme Rachi mais certains sont pointilleux et possèdent une seconde paire de Téfilines qui correspond à l’avis de Rabbénou Tam et ils les mettent sans faire de bénédictions à la fin de la prière) ne doivent pas être portées par tout le monde, mais seulement les hommes pieux et érudits, mais moi j’ai trouvé cela trop strict, et j’ai donc tranche que quiconque le souhaiterait, pourrait porter les Téfilines de Rabbénou Tam. Concernant l’avis de ne pas introduire des passages en plus et des Piyoutim (chants liturgiques) dans le cours de la Téfila, moi j’ai été plus indulgent et je permets d’introduire certains passages dans la Téfila. Souhaitez-vous en savoir plus ? – Prenez par exemple, la veille de Tich’a Béav (9 Av), ou il y a une coutume de ne pas étudier la Torah depuis le milieu de la journée, même si ce jour-là est un Chabbat. Moi, par contre, j’essaie de ne pas être aussi strict et je pense que si la veille du 9 Av tombe le jour du Chabbat on a le droit d’étudier la Torah jusqu’à la sortie de Chabbat. Il y a aussi ceux qui sont très stricts concernant l’interdiction du jeûner le jour de Roch Hachana, mais je m’efforce de prouver selon différentes sources, qu’il est permis de jeûner, même les deux jours… ‘Remettez-vous donc à l’évidence’ conclut Rav Yoshe Ber, ‘que j’essaie de toutes mes forces de trouver la voie la plus indulgente et la plus légère pour accomplir les Mitsvots de la Torah ! Le message est percutant, ils repartirent la tête bien basse. Voici la différence entre ceux qui cherchent à se détacher du joug de la Torah, ils chercheront donc toutes les excuses pour s’en exempter, et ceux qui aiment Hachem, et pour qui la Torah et les Mitsvots sont si chères, ils chercheront donc tous les moyens pour en accomplir autant que possible. CHABBAT CHALOM Rav Yéouda Arié Meyer – Rav de la communauté Ohel Sarah (auparavant Nétiv Haaliya) à Haïfa et Rav Yonathan Halimi |